À l’occasion de la conférence de presse du Nouvel An organisée à Cheong Wa Dae, le président sud-coréen Lee Jae-myung a dévoilé les grandes orientations de sa politique pour l’année à venir. Au cœur de son discours : une réforme en profondeur de certaines institutions publiques, dont le Parquet, et un « grand basculement » de la stratégie nationale de croissance.

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Dès son allocution liminaire, le chef de l’État a affirmé assumer ses fonctions « avec le sentiment d’une lourde charge, plus important encore que l’an dernier », promettant de faire de 2026 « le point de départ d’un grand essor pour la République de Corée ». Insistant sur la souveraineté populaire, il a rappelé que « la politique concerne avant tout la vie des citoyens » et appelé à un pragmatisme dépassant les clivages idéologiques, partisans et les conflits politiques stériles.

Interrogé sur les soupçons d’ingérences religieuses dans la sphère politique, Lee Jae-myung a tenu un discours particulièrement ferme. Il a dénoncé les pratiques de plusieurs groupes religieux, dont l’église Shincheonji de Jésus, l’Église de l’unification fondée par Moon Sun-myung, ainsi que certaines églises protestantes, les qualifiant de « voie menant à l’effondrement de l’État ». Selon lui, ces agissements doivent être « absolument déracinés » et relèvent d’« actes comparables à une insurrection ». S’appuyant sur des informations relayées par la presse, le président a affirmé que des preuves d’ingérences politiques de l’église Shincheonji existeraient depuis le début des années 2000, ajoutant que l’Église de l’unification se serait également livrée à de telles pratiques de manière répétée. Concernant les églises protestantes, il a estimé que leurs interventions politiques n’avaient pas été, par le passé, aussi ouvertes ou organisées, tout en soulignant que la situation s’était récemment aggravée.

Il a notamment évoqué des sermons tenus par certains pasteurs appelant explicitement à sa mort ou affirmant que la République de Corée ne pourrait survivre qu’à cette condition. « Il s’agit de faits extrêmement graves », a-t-il martelé, ajoutant que « lorsque les convictions religieuses se mêlent à une orientation politique, aucune tolérance n’est possible ».

Dans ce contexte, l’Assemblée nationale examine actuellement la création d’une enquête spéciale confiée à un procureur indépendant afin de faire toute la lumière sur les ingérences présumées de l’Église de l’unification et de l’église Shincheonji. Le président n’a pas exclu un élargissement des investigations à d’autres églises protestantes.

Sur le plan économique, Lee Jae-myung a également appelé à un changement de paradigme. Face aux bouleversements de l’ordre international, il a estimé que la Corée du Sud ne pouvait plus se contenter des recettes qui avaient fait son succès par le passé, au risque de s’enfermer dans un cercle vicieux. Il a ainsi présenté cinq axes devant guider la nouvelle stratégie de croissance : une croissance portée par les régions périphériques, une croissance inclusive fondée sur le partage des opportunités et des fruits du développement, une croissance durable reposant sur la sécurité, une croissance attractive soutenue par la culture et une croissance stable ancrée dans la paix.

Enfin, le président a réaffirmé sa détermination à mener à bien la réforme du Parquet. Concernant les pouvoirs de la future institution chargée des mises en accusation, notamment la possibilité de mener des informations complémentaires, il a reconnu qu’« aucune réforme ne peut être réalisée en une seule fois ». Le cadre juridique, a-t-il assuré, sera progressivement complété afin de limiter les effets indésirables et les controverses.

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