Face à l’affirmation croissante de la Chine dans les mers environnantes, le Japon s’apprête à renforcer significativement ses capacités de surveillance maritime. Les garde-côtes japonais prévoient de doubler leur flotte de grands drones MQ-9B, connus sous le nom de SeaGuardian, pour en exploiter dix d’ici cinq ans, selon le projet de budget pour l’exercice 2026.

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Dans ce cadre, 11,1 milliards de yens, soit environ 70 millions de dollars, ont été alloués au fonctionnement de ces drones pour l’exercice budgétaire débutant en avril. Cette enveloppe s’inscrit dans un projet de budget initial record de 122 000 milliards de yens, que le gouvernement entend faire adopter par la Diète avant la fin du mois de mars.

Actuellement, les garde-côtes japonais disposent de trois SeaGuardian de fabrication américaine et avaient prévu d’en acquérir deux supplémentaires au cours de l’exercice en cours. Toutefois, l’ensemble de la flotte a été immobilisé en novembre dernier, à la suite de l’endommagement d’un appareil lors d’un atterrissage d’urgence sur une piste d’atterrissage.

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Cet incident est intervenu peu après la mise en service opérationnelle complète du SeaGuardian, entamée l’an dernier. En janvier 2025, la base d’exploitation des drones a été transférée de la base aérienne de Hachinohe, dans le nord-est du pays, à l’aéroport de Kitakyushu, dans le sud-ouest du Japon, une zone jugée plus stratégique.

Lors des discussions budgétaires interministérielles de la fin de l’année dernière, le ministère des Finances a donné son feu vert à l’acquisition de cinq drones supplémentaires. Cette décision a été motivée par l’aggravation de la situation sécuritaire dans les eaux environnantes, selon le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme.

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Les garde-côtes chinois patrouillent en effet régulièrement à proximité des îles Senkaku, en mer de Chine orientale. Administré par le Japon mais revendiqué par Pékin, cet archipel cristallise depuis des années les tensions entre les deux pays.

Le climat s’est encore tendu après que la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a déclaré au Parlement en novembre qu’une attaque contre Taïwan pourrait entraîner une riposte des forces de défense japonaises, marquant une position plus affirmée de Tokyo sur les questions de sécurité régionale.

Avec ses 12 mètres de long et ses 24 mètres d’envergure, le SeaGuardian est capable de voler plus de 24 heures sans interruption. En un seul vol, il peut parcourir l’ensemble du périmètre extérieur de la zone économique exclusive japonaise, offrant ainsi une capacité de surveillance étendue et continue.

Parallèlement, le ministère japonais de la Défense se prépare lui aussi à acquérir le SeaGuardian pour la Force maritime d’autodéfense. L’objectif est une mise en service opérationnelle à l’horizon de l’exercice 2028, signe supplémentaire de la volonté du Japon de renforcer son dispositif face aux défis sécuritaires croissants en Asie de l’Est.

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