La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a annoncé lundi la dissolution de la Chambre des représentants pour ce vendredi, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées prévues le 8 février. Par cette décision, la cheffe du gouvernement entend solliciter un nouveau mandat populaire pour le Parti libéral-démocrate (PLD), qui fera campagne aux côtés du Parti de l’innovation du Japon (JIP) dans le cadre d’une coalition formée en octobre dernier.

© 2026 (newscom/SL75)

« Je pense qu’il est temps pour le peuple, détenteur du pouvoir souverain, de décider si je dois être Premier ministre », a déclaré Sanae Takaichi lors d’une conférence de presse, justifiant ce recours anticipé aux urnes.

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La campagne officielle débutera le 27 janvier, jour également fixé pour le dépôt des candidatures. Avec un délai de seulement seize jours entre la dissolution de la Chambre basse et le scrutin, cette élection s’annonce comme la plus courte de l’histoire parlementaire japonaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Face à ce calendrier resserré, les partis politiques ont été contraints d’accélérer la sélection de leurs candidats et la finalisation de leurs programmes.

La Première ministre a fixé un objectif clair : la coalition PLD-JIP devra obtenir la majorité absolue à la Chambre des représentants, soit au moins 233 sièges sur les 465 que compte l’assemblée. Un enjeu de taille, alors que le souvenir des élections d’octobre 2024 reste vif. À l’époque, sous le gouvernement de Shigeru Ishiba, la coalition PLD-Komeito avait subi une lourde défaite, perdant sa majorité parlementaire.

Cette fois-ci, la contestation devrait être menée par l’Alliance réformiste centriste, une nouvelle formation issue du rapprochement entre le Parti démocrate constitutionnel du Japon et le Komeito. L’opposition entend capitaliser sur le mécontentement populaire, notamment face à la hausse persistante des prix.

La lutte contre l’inflation devrait ainsi s’imposer comme le thème central de la campagne. Plusieurs partis d’opposition plaident pour des mesures immédiates, telles qu’une baisse de la taxe sur la consommation, afin de soulager le pouvoir d’achat des ménages. En parallèle, la stratégie économique défendue par Sanae Takaichi, qualifiée de « finances publiques responsables et proactives », fera l’objet de débats nourris.

Les questions de sécurité nationale devraient également occuper une place importante dans les discussions électorales. Le gouvernement souhaite poursuivre le renforcement des capacités de défense du pays, notamment à travers la révision de la Stratégie de défense nationale et de deux autres documents clés en matière de sécurité.

Sur le plan budgétaire, la tenue des élections en février complique le calendrier parlementaire. Il apparaît peu probable que le budget de l’exercice 2026 soit adopté avant la fin de l’exercice 2025. Pour éviter un blocage, le gouvernement prévoit de recourir à un budget provisoire.

Les partis d’opposition dénoncent toutefois une manœuvre politique irresponsable. Yoshihiko Noda, chef du PDJP, a vivement critiqué la décision de la Première ministre, l’accusant de créer un vide politique inutile. « Elle prend la vie des gens à la légère, et il n’y a aucune raison valable d’organiser des élections générales », a-t-il déclaré.

À moins de trois semaines du scrutin, Sanae Takaichi engage ainsi un pari risqué, dans un contexte économique et politique tendu, où chaque jour de campagne pourrait s’avérer décisif.

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