À la tombée du jour, le quartier de Jongno se transforme. Situé au cœur historique de Séoul, ce secteur emblématique, animé en journée par ses palais, ses temples et ses artères commerçantes, révèle le soir venu une atmosphère singulière, presque hors du temps. Les trottoirs s’emplissent alors de structures improvisées : des restaurants éphémères protégés par des bâches en plastique orange ou vertes, devenues l’un des symboles les plus attachants de la vie nocturne locale.

Sous ces bâches, les tables se serrent les unes contre les autres. L’espace est réduit, mais l’ambiance chaleureuse. On s’y assoit sur de petits tabourets, parfois à quelques centimètres de la rue, tandis que les serveurs naviguent avec agilité entre les plats fumants et les bouteilles de soju. Ces établissements informels, souvent tenus par les mêmes familles depuis des décennies, offrent une cuisine simple et généreuse : tteokbokki épicé, pajeon croustillants, soupes mijotées ou fruits de mer grillés.

Le soir, Jongno devient un lieu de rencontres intergénérationnelles. Employés sortant du bureau, étudiants, habitués du quartier et visiteurs curieux s’y côtoient sans distinction. Malgré la modernité omniprésente de Séoul, ces restaurants sous bâches incarnent une forme de résistance culturelle, un attachement à une convivialité urbaine que les tours de verre n’ont pas effacée.
Jongno le soir est un espace de mémoire et de partage. Ces restaurants modestes racontent une autre histoire de Séoul, plus intime et plus humaine, où la rue devient salle à manger et où la simplicité se transforme en art de vivre.
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