Le gouvernement japonais a annoncé vendredi avoir officiellement demandé à la plateforme X de renforcer ses mesures contre la modification et la sexualisation d’images de personnes réelles à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette démarche intervient dans un contexte de forte augmentation des contenus générés par l’IA sur le réseau social, en particulier des images altérées de manière inappropriée.
Avec plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs au Japon, X est sous la surveillance accrue des autorités, qui s’inquiètent de la facilité avec laquelle de faux contenus peuvent être créés et diffusés. Le gouvernement a demandé à l’opérateur de la plateforme de présenter un plan concret pour remédier à cette situation et n’exclut pas d’émettre des recommandations fondées sur la législation japonaise relative à l’IA si aucune amélioration notable n’est observée.

« Nous allons accélérer les discussions tout en obtenant la coopération des ministères et agences concernés », a déclaré la ministre en charge de la stratégie en matière d’intelligence artificielle, Kimi Onoda, lors d’une conférence de presse tenue à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres.
Dirigée par l’entrepreneur américain Elon Musk, la plateforme X a lancé l’an dernier son outil d’IA générative baptisé Grok, qui permet aux utilisateurs de manipuler des images à partir de simples instructions textuelles. L’utilisation abusive de ce service a conduit à la diffusion massive d’images sexuelles truquées représentant des personnes réelles, suscitant des inquiétudes croissantes sur le respect des droits individuels.
La création et la propagation de telles images peuvent en effet porter atteinte au droit à l’image et au droit à la réputation des personnes concernées. Face à ces dérives, plusieurs gouvernements à travers le monde, notamment en Grande-Bretagne, au Canada et en Malaisie, ont également signalé le problème et engagé des démarches à l’encontre de la plateforme.
Selon le Cabinet Office japonais, chargé de superviser la législation sur l’IA, la demande adressée à X vise avant tout à limiter les risques liés à la diffusion de faux contenus, devenus plus accessibles avec les outils d’intelligence artificielle générative. En réponse, X a assuré prendre des mesures pour supprimer les contenus illicites prioritaires, citant notamment les contenus pédopornographiques et les images de nudité non consensuelle.
Ce n’est pas la première fois que le Japon interpelle des acteurs majeurs de l’IA. L’an dernier, le gouvernement avait déjà demandé des ajustements à OpenAI concernant son générateur vidéo Sora, en raison de la création de vidéos ressemblant fortement aux animés japonais.
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