À l’occasion de la nouvelle année, l’empereur du Japon, Naruhito, a exprimé son profond souhait de paix pour son pays et pour le monde à travers un poème récité mercredi lors de la traditionnelle lecture de poésie du Nouvel An au Palais impérial de Tokyo.
Avant l’aube du jour de l’An, le souverain avait participé aux rituels shintoïstes dans les sanctuaires du palais. C’est à ce moment-là, en levant les yeux vers le ciel, qu’il fut ému par la vision éclatante de Vénus, l’étoile du matin, source d’inspiration de son poème. À travers quelques vers empreints de sobriété et de spiritualité, l’empereur a transformé cette observation céleste en une prière sincère pour une année placée sous le signe de la paix.
La cérémonie s’est déroulée en présence de l’impératrice Masako, de leur fille la princesse Aiko, du prince héritier Fumihito et de sa famille. Le prince Hisahito y participait pour la première fois depuis sa majorité, marquant une étape symbolique dans sa vie publique. Des membres du public, dont les poèmes avaient été sélectionnés parmi des milliers de propositions, assistaient également à l’événement.

Le thème retenu cette année, « mei », un terme évoquant la lumière et l’éclat, a traversé l’ensemble des œuvres lues. Pour la première fois dans l’histoire de cette cérémonie pluriséculaire, un ressortissant étranger a été invité à présenter son poème. Il s’agissait de Peter MacMillan, traducteur et spécialiste de la littérature japonaise né en Irlande, convié personnellement par l’empereur.
L’impératrice Masako a, quant à elle, consacré son poème aux Jeux olympiques des sourds organisés à Tokyo en novembre dernier, une première pour le Japon. Évoquant la joie rayonnante des athlètes médaillés, elle a rappelé l’engagement de la famille impériale, qui a appris le japonais et la langue des signes universelle afin d’échanger avec les participants lors d’une épreuve de natation à laquelle ils ont assisté.
La princesse Aiko a choisi de revenir sur sa première visite officielle à l’étranger, effectuée au Laos en novembre, à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Son poème évoque l’énergie et la vivacité des échanges avec de jeunes étudiants, dans une salle de classe animée par des voix pleines de promesses.
Au total, les poèmes de la famille impériale et dix autres œuvres sélectionnées parmi plus de 14 600 propositions ont été récités dans le style traditionnel. Héritée de l’aristocratie de la cour du Japon ancien, la poésie waka, et en particulier le tanka composé de 31 syllabes selon un rythme précis, demeure ainsi un vecteur privilégié d’expression des émotions, reliant le passé, le présent et l’espérance d’un avenir apaisé.
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