Au tout début de l’année, alors que le Japon sort à peine des célébrations du Nouvel An, les sanctuaires shinto s’animent à nouveau pour un rituel populaire et chaleureux : le Tōka Ebisu. Organisée généralement autour des 9, 10 et 11 janvier, cette fête attire des foules venues prier pour la prospérité, la réussite professionnelle et la chance dans les affaires.

© 2026 (SL75)

Le Tōka Ebisu est dédié à Ebisu, l’une des Sept Divinités du Bonheur. Contrairement aux autres divinités de ce groupe, souvent d’origine bouddhique ou chinoise, Ebisu est profondément japonais. Il est le dieu des pêcheurs, des commerçants et de l’abondance. On le reconnaît facilement à son large sourire, sa canne à pêche et le poisson qu’il tient sous le bras, symboles de patience, de travail et de réussite.

Dans de nombreuses régions, notamment dans le Kansai, des sanctuaires célèbres comme Imamiya Ebisu à Osaka ou Nishinomiya Ebisu accueillent des milliers de visiteurs jour et nuit. L’atmosphère y est très différente du recueillement silencieux que l’on associe parfois aux lieux sacrés. Ici, on entend des rires, des appels joyeux, le son des clochettes et des tambours, tandis que les stands de nourriture bordent les allées. Le Tōka Ebisu est une fête vivante, populaire et profondément ancrée dans la vie quotidienne.

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L’un des gestes les plus marquants de ce rituel est la remise d’une petite branche végétale au public. Il s’agit le plus souvent d’une branche de bambou appelée fukuzasa, symbole de croissance, de souplesse et de chance. Le bambou, toujours vert et résistant, incarne l’idée d’une prospérité durable. Cette branche est généralement offerte par des miko, les jeunes femmes au service du sanctuaire, après une prière adressée à Ebisu.

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La fukuzasa est destinée à être rapportée chez soi ou sur son lieu de travail, souvent installée près de l’entrée ou d’une caisse, afin d’attirer la bonne fortune pour l’année à venir. Dans certains sanctuaires, la branche est ensuite décorée de petits talismans supplémentaires achetés sur place : pièces dorées, poissons, sacs de riz miniatures ou symboles de richesse, chacun ajoutant une intention particulière à la prière initiale.

Le déroulement du Tōka Ebisu suit souvent trois temps. Le premier jour marque l’ouverture de la fête, le deuxième est considéré comme le cœur des célébrations, et le dernier comme la conclusion, parfois associée à une dernière prière pour consolider la chance reçue. Certains fidèles viennent une seule fois, d’autres reviennent plusieurs jours de suite, renforçant leur lien avec la divinité.

Au-delà de la recherche de prospérité matérielle, le Tōka Ebisu reflète un état d’esprit très japonais : commencer l’année avec gratitude, humilité et espoir. En acceptant cette petite branche végétale, chacun repart avec un rappel discret que la chance se cultive, comme une plante, par l’attention, le travail et le respect du rythme de la vie.

Ainsi, chaque mois de janvier, au cœur de l’hiver, le Tōka Ebisu apporte une touche de verdure, de chaleur humaine et d’optimisme, ouvrant symboliquement l’année sous le signe de l’abondance et du sourire d’Ebisu.

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