Le nombre de stations de ski en activité au Japon a atteint en 2025 son niveau le plus bas jamais enregistré, illustrant les difficultés structurelles d’un secteur confronté de plein fouet au changement climatique et à l’érosion de la clientèle nationale. Selon l’Association japonaise des transports funiculaires, le pays ne comptait plus que 417 stations en fonctionnement l’an dernier, soit une chute de 40 % par rapport au pic observé en 1999.

À la fin des années 1990, le Japon disposait de 698 stations de ski, porté par un engouement massif pour les sports d’hiver. Cette dynamique s’est progressivement inversée. Après être passé sous le seuil des 600 stations en 2006, puis sous celui des 500 en 2014, le nombre d’exploitations n’a cessé de reculer pour atteindre un nouveau plancher historique lors du dernier recensement.
L’association base ses chiffres sur les stations équipées de remontées mécaniques autorisées par l’État. Lors du premier recensement en 1989, le Japon en comptait 636, un chiffre qui avait continué à augmenter pendant une décennie avant d’entamer un déclin durable.

En 2025, l’île d’Hokkaido reste la région la mieux dotée avec 92 stations de ski en activité. Elle est suivie par les préfectures montagneuses de Nagano, qui en compte 80, et de Niigata, avec 46 stations. Ces territoires, historiquement dépendants des sports d’hiver, subissent toutefois eux aussi les effets d’hivers plus courts et moins rigoureux.
Cette contraction du secteur intervient paradoxalement alors que le Japon connaît un afflux sans précédent de touristes étrangers. Selon l’Organisation nationale japonaise du tourisme, environ 39,07 millions de visiteurs internationaux ont été recensés au cours des onze premiers mois de 2025, dépassant déjà le total de 2024. Cette demande croissante ne suffit toutefois pas à compenser le recul du tourisme intérieur.
D’après le Livre blanc sur les loisirs pour 2025, seuls 2,8 millions de Japonais déclaraient avoir déjà pratiqué le ski en 2024, contre 4,8 millions en 2015. Pour tenter d’enrayer cette désaffection, certaines stations diversifient leurs activités, en autorisant par exemple le ski avec des chiens ou l’accès aux remontées mécaniques à des visiteurs non skieurs venus admirer les paysages.
Le changement climatique reste néanmoins le principal défi. L’Agence météorologique japonaise constate une diminution continue du nombre de jours de températures négatives à l’échelle nationale. Cette évolution contraint de nombreuses stations à raccourcir leur saison ou à recourir massivement à la neige artificielle.
« La réalité, c’est que de nombreux exploitants ont été contraints de fermer, écrasés par les coûts de l’électricité nécessaire à la production de neige artificielle, ainsi que par les dépenses de personnel et de maintenance », explique Makoto Takayanagi, responsable du secrétariat de l’Association des transports funiculaires.
Face à ces contraintes économiques et climatiques, l’avenir du ski au Japon apparaît de plus en plus incertain, malgré l’intérêt croissant des visiteurs venus de l’étranger.
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