Réunis lundi à Pékin pour un sommet de 90 minutes, le président sud-coréen Lee Jae Myung et son homologue chinois Xi Jinping ont souligné l’urgence de relancer le dialogue intercoréen et de renforcer leur coopération en faveur de la paix sur la péninsule coréenne. Cette rencontre s’est tenue dans un contexte de fortes tensions, quelques heures après des tirs de missiles balistiques nord-coréens.

Les deux dirigeants ont affirmé que la paix et la stabilité en Corée constituaient un intérêt commun et se sont accordés sur la nécessité de réfléchir à des mesures nouvelles et créatives pour apaiser les tensions. Pékin a assuré Séoul de sa volonté de jouer un rôle constructif, tandis que les deux pays ont convenu de renforcer la communication entre leurs autorités de défense et d’organiser des réunions annuelles afin de bâtir une confiance mutuelle et de contribuer à la stabilité régionale.
Dès son arrivée au pouvoir en juin 2025, Lee Jae Myung avait proposé une reprise du dialogue avec Pyongyang, restée sans réponse à ce jour. Lors du sommet, le président sud-coréen a toutefois évité d’aborder frontalement la question de la dénucléarisation, privilégiant une approche axée sur la coopération régionale et la recherche d’alternatives viables pour la paix.

Les discussions ont également porté sur des sujets sensibles, notamment les structures en acier installées par la Chine dans la zone maritime provisoire en mer Jaune. Séoul s’inquiète des intentions de Pékin dans cette zone dont la frontière n’est pas clairement définie. Les deux parties ont néanmoins exprimé leur volonté de faire de la mer Jaune un espace pacifique et prospère et sont convenues de tenir cette année des pourparlers au niveau des vice-ministres sur la question maritime.
Sur le plan culturel, les deux présidents ont évoqué un élargissement progressif des échanges, notamment dans les domaines du sport et des industries audiovisuelles, alors que Séoul souhaite un assouplissement des restrictions chinoises sur les contenus culturels sud-coréens. Ils ont également souligné l’importance de lutter contre les perceptions négatives réciproques et ont réaffirmé leur attachement à la stabilité des relations bilatérales, Séoul rappelant son respect de la politique d’une seule Chine.
Lee Jae Myung a insisté sur l’histoire commune des deux nations et sur sa volonté de développer une coopération fondée sur l’égalité, touchant directement la vie quotidienne des populations. Il a appelé à ouvrir une nouvelle phase dans le partenariat stratégique entre les deux pays. De son côté, Xi Jinping a plaidé pour un renforcement des échanges et de la communication dans un contexte géopolitique incertain, soulignant les responsabilités partagées de Séoul et Pékin dans la préservation de la paix régionale et la promotion du développement mondial.
En dépit de la richesse des échanges et des engagements affichés, ce sommet laisse toutefois planer un certain scepticisme quant à leurs retombées concrètes. Entre déclarations de principe, promesses de coopération et appels à la paix, peu d’éléments permettent à ce stade d’anticiper des avancées tangibles, notamment face à l’absence persistante de réaction de Pyongyang et aux différends maritimes non résolus. Pour Séoul comme pour Pékin, ces discussions apparaissent surtout comme l’expression d’une volonté commune de dialogue, dont la portée réelle dépendra désormais de leur traduction en actes.
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