Jakarta s’impose désormais comme la ville la plus peuplée de la planète avec 41,9 millions d’habitants, devant Dhaka, tandis que Tokyo recule à la troisième place. Ce bouleversement du classement mondial des grandes métropoles s’inscrit dans un contexte de forte croissance démographique dans les pays en développement et de vieillissement accéléré de la population japonaise, selon un récent rapport des Nations Unies sur les perspectives d’urbanisation.

La progression démographique de la capitale japonaise s’est révélée plus lente que celle des grandes villes d’Indonésie et du Bangladesh. Conséquence directe, Tokyo, qui occupait la première place en 2000, glisse au troisième rang en 2025. Le rapport s’appuie sur une méthodologie harmonisée destinée à faciliter les comparaisons internationales entre zones urbaines.
Les perspectives à long terme confirment cette tendance. La population de la zone urbaine de Tokyo devrait diminuer, passant de 33,4 millions d’habitants en 2025 à 30,7 millions en 2050. Cette baisse entraînerait un recul au septième rang mondial. À cet horizon, Dhaka devrait devenir la première ville du monde avec 52,1 millions d’habitants, devant Jakarta, Shanghai, New Delhi, Karachi et Le Caire.
Dans ce rapport, le terme « ville » désigne toute agglomération de zones géographiquement contiguës présentant une densité d’au moins 1 500 habitants par kilomètre carré et une population minimale de 50 000 habitants. Pour Tokyo, les estimations incluent les zones urbaines de la métropole ainsi que celles des préfectures voisines de Saitama, Chiba et Kanagawa. La population administrative officielle de Tokyo reste, quant à elle, d’environ 14 millions d’habitants.
Publié en novembre par le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, le rapport vise à fournir des données de référence aux décideurs publics et aux chercheurs. La gestion durable de la croissance urbaine y est présentée comme un enjeu central, tant pour la qualité de vie des populations que pour l’atteinte des objectifs climatiques mondiaux.
Le monde poursuit en effet son urbanisation rapide. Les villes accueillent aujourd’hui 45 % des 8,2 milliards d’habitants de la planète, soit plus du double de la proportion observée en 1950. D’ici 2050, près des deux tiers de la croissance démographique mondiale devraient se concentrer dans les zones urbaines, le reste se répartissant principalement dans les agglomérations de taille intermédiaire.
Au Japon, la situation reste contrastée. Malgré une baisse de la population nationale d’environ 4 millions de personnes entre 2015 et 2025, Tokyo a enregistré une hausse de plus de 300 000 habitants sur la même période. Cette dynamique ne devrait toutefois pas se maintenir. Selon l’ONU, un nombre croissant de pays, dont le Japon et la Chine, devraient connaître un recul significatif de leur population urbaine d’ici le milieu du siècle, en raison de taux de fécondité durablement bas et d’un déclin démographique généralisé.
Parmi les dix plus grandes villes du monde en 2025, seules Tokyo et Séoul devraient voir leur population diminuer d’ici 2050, souligne encore le rapport, illustrant le contraste croissant entre les métropoles des pays développés et celles des régions en forte croissance démographique.
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