Le cinéma sud-coréen connaît un net recul cette année au box-office, marqué par une domination des productions étrangères et des films d’animation. Parmi les cinq films les plus populaires dans les salles coréennes, quatre sont des œuvres étrangères ou d’animation, avec une seule production coréenne présente dans le classement.

Cette situation tranche fortement avec celle de l’an dernier. En 2024, un seul film étranger, « Vice-Versa 2 », apparaissait dans le top 5, largement devancé par plusieurs productions coréennes à succès comme « Exhuma », « The Roundup: Punishment », « I, the Executioner » et « Pilot ».
Si la popularité croissante des films étrangers et des animés japonais peut expliquer en partie cette évolution, de nombreux observateurs pointent une cause plus structurelle : le faible nombre de films coréens sortis en salles cette année. Cette pénurie est étroitement liée à la migration progressive des cinéastes vers les plateformes de streaming internationales telles que Netflix et Disney+, un phénomène qui fragilise l’écosystème du cinéma en salles.

Beaucoup de professionnels du cinéma passés aux plateformes de streaming ne sont pas revenus en salles, les plateformes offrent aux réalisateurs un environnement perçu comme moins risqué et plus flexible, avec davantage de liberté thématique et de possibilités d’expérimentation, ce qui rend le retour en salles plus difficile.

Parallèlement, malgré le ralentissement général du marché, les films qui ont réussi à attirer le public ne se sont pas cantonnés à un nombre limité de genres. L’intérêt des spectateurs s’est porté sur une grande diversité d’œuvres, allant de la comédie au thriller, en passant par l’action, l’horreur, les films de zombies et d’autres films de genre. Cette tendance a également bénéficié aux productions indépendantes, dont certaines ont rencontré un succès notable grâce au bouche-à-oreille. Cette dynamique traduit une évolution des comportements du public et de la perception des salles de cinéma. Les spectateurs se montrent plus ouverts à la diversité des genres et des formats, délaissant une focalisation exclusive sur les grandes productions grand public. Dans ce contexte, les films de plus petite envergure bénéficient de davantage d’opportunités de diffusion.

Pour les experts, cette ouverture à la diversité apparaît comme un élément clé de la survie des salles de cinéma, qui tendent à devenir des espaces d’exploration et d’affirmation des goûts personnels du public, bien au-delà de leur rôle traditionnel de simples lieux de consommation culturelle.
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