Au nord de l’île d’Hokkaidō, Abashiri s’impose comme l’un des visages les plus saisissants de l’hiver japonais. Lorsque les températures chutent et que la mer d’Okhotsk se fige peu à peu, la ville entre dans une saison à la fois rude et spectaculaire, où la nature dicte son rythme et façonne le quotidien.

Abashiri est surtout connue pour un phénomène rare au Japon : l’arrivée de la banquise dérivante. Chaque année, entre janvier et mars, d’immenses plaques de glace venues de Sibérie atteignent les côtes, transformant l’horizon marin en un paysage presque arctique. À bord des brise-glaces touristiques, habitants et visiteurs observent ces étendues blanches qui grincent et se déplacent lentement, offrant un spectacle aussi silencieux qu’impressionnant.


L’hiver enveloppe également la ville d’une atmosphère feutrée. Les rues, recouvertes de neige, contrastent avec la fumée qui s’élève des restaurants et des bains chauds. Les sources thermales, très prisées durant cette saison, permettent de se réchauffer tout en contemplant des paysages enneigés. À l’extérieur, le froid est vif, mais jamais hostile pour ceux qui savent l’apprivoiser. La culture locale s’exprime pleinement durant les mois d’hiver. Le festival de la banquise d’Abashiri attire chaque année de nombreux visiteurs grâce à ses sculptures de glace et ses illuminations nocturnes. Ces œuvres éphémères, taillées avec précision, reflètent la lumière et donnent à la ville un air de galerie à ciel ouvert, le temps de quelques jours.

La nature environnante, elle aussi, se révèle sous un autre visage. Les lacs gelés, les forêts figées par le givre et la faune adaptée au froid offrent un terrain privilégié pour l’observation et la photographie. Les aigles de Steller et les cygnes, notamment, deviennent des symboles vivants de cet hiver long et majestueux.
À Abashiri, l’hiver n’est pas une simple saison, mais une identité. Il façonne les paysages, influence les traditions et attire ceux qui cherchent une expérience authentique, loin des images habituelles du Japon urbain. Dans ce coin reculé d’Hokkaidō, le froid raconte une histoire, celle d’une ville tournée vers la mer, la glace et la résilience.
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