À Tokyo, le marché extérieur de Tsukiji, dans l’arrondissement de Chuo, a lancé ce mois-ci un appel inhabituel aux voyagistes : éviter d’y conduire des groupes de touristes à l’approche de la fin de l’année. Objectif affiché, prévenir les incidents dans un site déjà saturé à cette période clé pour les professionnels de l’alimentation et les achats liés aux fêtes.

Cette demande intervient après plusieurs situations jugées dangereuses les années précédentes, lorsque l’affluence touristique avait atteint un tel niveau que des personnes avaient été blessées. Le marché extérieur, qui s’est développé autour de l’ancien marché de gros de Tsukiji aujourd’hui fermé, concentre de nombreuses échoppes de poissons, de produits de la mer, d’ustensiles et de spécialités culinaires, attirant à la fois les habitants de Tokyo et des visiteurs du monde entier.


Fondé dans les années 1930 après le grand séisme du Kantō, le marché de Tsukiji s’est longtemps imposé comme le cœur battant du commerce de gros des produits de la mer au Japon. Si les activités de gros ont été transférées en 2018 vers Toyosu, le marché extérieur de Tsukiji est resté en activité et a même gagné en popularité, devenant l’un des sites touristiques les plus visités de la capitale.

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, cette popularité s’est encore accentuée. La surpopulation y provoque régulièrement des encombrements, certains visiteurs débordant sur la chaussée, tandis que les déchets liés à la consommation de nourriture dans la rue et d’autres comportements problématiques se multiplient. À partir du 1er décembre, le Conseil de développement du quartier gastronomique de Tsukiji, une organisation à but non lucratif regroupant des acteurs du marché extérieur, a ainsi affiché des consignes demandant de s’abstenir de manger en marchant et d’éviter l’organisation de visites guidées, afin de permettre aux acheteurs venus préparer les repas du Nouvel An de circuler plus sereinement. « Faire ses courses au marché de Tsukiji cette saison prend tellement de temps que c’est une vraie galère », confiait un acheteur professionnel.
En parallèle, les autorités et les acteurs du tourisme mettent en avant une alternative récente : le centre Toyosu Senkyaku Banrai, situé à proximité du marché de gros alimentaire de Toyosu, dans l’arrondissement de Koto. Ouvert en février 2024, ce complexe recrée une ambiance urbaine inspirée de l’époque d’Edo et rassemble environ 70 boutiques et restaurants.

Dans sa zone de restauration, les visiteurs peuvent déguster des plats à base de poissons et de fruits de mer préparés par des professionnels issus du marché de Toyosu. Mizucho Suisan, qui exploite le restaurant de fruits de mer grillés Isaribi, y vante des produits d’une grande fraîcheur servis en portions généreuses. Le site dispose également d’un espace thermal avec un bain extérieur offrant une vue sur la baie de Tokyo. « Nous espérons que les visiteurs apprécieront l’expérience gastronomique unique de Toyosu et passeront un excellent moment », souligne un responsable de Manyo Club, l’exploitant du complexe.
Entre un Tsukiji sous pression et un Toyosu pensé pour absorber l’afflux de visiteurs, Tokyo cherche ainsi à préserver l’équilibre entre traditions commerciales, sécurité et attractivité touristique à l’approche des fêtes.
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